Oeil pour oeil, dent pour dent : Le Gabon prêt à tuer légalement ?

Le Gabon pourrait-il faire marche arrière, seize ans après avoir aboli la peine capitale ? La proposition du président du Cesec, Guy Bertrand Mapangou, ouvre une interrogation majeure pour l’avenir du système judiciaire gabonais. Face à la recrudescence des crimes crapuleux et des enlèvements d’enfants, le débat sur le retour de la sanction ultime s’invite désormais dans l’espace public.

Cette éventuelle consultation populaire placerait les Gabonais face à un dilemme crucial : la perpétuité suffirait-elle encore à dissuader les auteurs de crimes odieux ? Les voix favorables au retour de la peine de mort y verraient un outil de dissuasion nécessaire, tandis que d’autres redouteraient les dérives d’un système judiciaire encore fragile

Le président Oligui Nguema, en confiant cette question au peuple souverain, inscrirait cette démarche dans une logique démocratique. Les Gabonais seraient ainsi appelés à trancher eux-mêmes sur l’équilibre entre sécurité collective et respect des engagements internationaux du pays, notamment le protocole abolitionniste signé en 2014.

Cette consultation, si elle se concrétisait, pourrait redessiner le paysage pénal gabonais. Elle interrogerait également sur la capacité de l’État à démanteler les réseaux criminels et à traduire en justice les commanditaires, souvent pointés du doigt comme les véritables responsables de l’insécurité.

Au-delà du simple vote, ce référendum potentiel constituerait un moment de vérité pour le Gabon : celui de définir collectivement les limites de sa justice et les valeurs qu’il souhaite incarner. Entre aspirations sécuritaires légitimes et préservation des acquis humanistes, le peuple gabonais pourrait être appelé à écrire une page décisive de son histoire judiciaire.

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