Alors qu’elle n’est annoncée que pour les prochains mois, la nouvelle taxe d’habitation suscite déjà une vive inquiétude au sein de l’opinion publique gabonaise. Sur les réseaux sociaux comme dans les discussions de quartier, une même crainte revient avec insistance : celle d’une nouvelle charge financière imposée à des ménages déjà fragilisés par le coût de la vie.
Au cœur de la polémique, le mode de collecte retenu par les autorités. L’intégration de cette taxe à la facture d’électricité a créé une confusion immédiate. Beaucoup de citoyens y voient une hausse déguisée des tarifs de la SEEG, malgré les assurances officielles selon lesquelles l’entreprise ne ferait que jouer un rôle de collecteur. Cette perception alimente un sentiment d’injustice et renforce la méfiance vis-à-vis de la réforme.
Mais au-delà de l’aspect technique, c’est surtout le climat social qui explique l’ampleur des réactions. Inflation persistante, chômage, revenus instables : pour de nombreux foyers, toute nouvelle taxe est perçue comme une menace directe à l’équilibre familial. « On nous demande toujours de payer plus, sans que notre quotidien ne s’améliore », déplorent certains internautes.
Le silence ou la communication tardive des pouvoirs publics n’a pas aidé à apaiser les tensions. Faute d’explications claires et accessibles, les rumeurs ont rapidement occupé le terrain, accentuant la peur d’une pression fiscale jugée excessive.
Dans ce contexte, la taxe d’habitation apparaît moins comme une simple réforme fiscale que comme un révélateur du malaise social actuel. Pour éviter que l’incompréhension ne se transforme en rejet durable, les autorités sont désormais attendues sur le terrain de la pédagogie et de la transparence.


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