Affaire des 1 700 milliards de FCFA : Six anciens cadres de Libertis demandent que « les faits soient démontrés »

Dans une déclaration rendue publique le 19 septembre 2026 à Libreville, six anciens cadres de Libertis, Noël Borobo Epembia, Fulbert Andjaï, Henri André Ogouamba, Jean-Pierre Nkori, Léopold Marius Ossiyi et Émile Wani, ont tenu à apporter des précisions après la publication, deux jours plus tôt, d’un article du média Le Grand Reporter intitulé « Affaire des 1 700 milliards de FCFA : la liste des 61 personnalités indexées ».

Les six intéressés, dont les noms figurent dans cette publication, contestent l’interprétation qui pourrait être faite de leur présence dans un dossier judiciaire ou administratif datant de 2007. Ils rappellent notamment avoir, cette année-là, saisi plusieurs institutions de la République dans le contexte de la privatisation de Gabon Télécom et de Libertis.

Selon leur déclaration, les six étaient à l’époque cadres de Libertis et avaient entrepris une démarche visant à faire examiner les conditions dans lesquelles l’opération de privatisation avait été conduite. Ils indiquent que leur requête auprès de la Cour des comptes est documentée dans le Recueil officiel des décisions et avis des juridictions financières.

Le courrier adressé à la juridiction financière, daté du 16 avril 2007, aurait été enregistré le 23 avril de la même année sous le numéro 00140. L’affaire était alors intitulée « Gabon Télécom-Libertis – Demande de déclaration de non-conformité des actes de Privatisation de Gabon-Télécom ».

Les signataires reviennent surtout sur la décision rendue le 6 août 2007 par la Cour des comptes, référencée n°08/06-07/CC/GC 2. Ils affirment que cette décision ne constitue pas une condamnation à leur encontre pour détournement de deniers publics.

Dans leur lecture du document, la Cour avait estimé ne pas être compétente pour apprécier la constitutionnalité ou l’inconstitutionnalité d’actes réglementaires ou conventionnels. Leur requête avait ainsi été déclarée irrecevable pour cause d’incompétence de la juridiction saisie.

C’est précisément sur cette distinction que les six signataires entendent attirer l’attention. Pour eux, le fait d’avoir été requérants dans une procédure visant à contester certains actes liés à une privatisation ne saurait être assimilé à une condamnation ou à une implication personnelle dans un éventuel détournement de fonds publics.

Face au rapprochement établi avec l’affaire des 1 700 milliards de FCFA, les intéressés demandent donc que soient produits les éléments permettant d’établir précisément leur éventuelle implication. Ils souhaitent notamment connaître la décision de justice qui les concernerait personnellement, son numéro, sa date, la juridiction l’ayant rendue, les faits qui leur seraient reprochés ainsi que, le cas échéant, les montants qui leur seraient individuellement imputés.

La déclaration s’adresse également aux médias, influenceurs et utilisateurs des réseaux sociaux susceptibles de relayer la publication. Les six anciens cadres de Libertis appellent à une vérification rigoureuse des informations lorsqu’elles concernent nommément des personnes et peuvent affecter leur réputation.

Ils indiquent par ailleurs se réserver la possibilité d’engager, « selon les voies légalement appropriées », les démarches nécessaires pour obtenir une rectification, un retrait, un droit de réponse ou une réparation, en fonction des contenus diffusés et du préjudice éventuellement constaté.

Sans nier leur démarche de 2007, les six signataires assurent être disposés à produire les documents en leur possession afin de permettre une meilleure compréhension du contexte de l’époque.

Près de vingt ans après leur saisine de la Cour des comptes, leur déclaration vise ainsi à replacer cette procédure dans son contexte et à distinguer une démarche institutionnelle d’une éventuelle responsabilité judiciaire.

« Les noms peuvent être publiés. Les faits, eux, doivent être démontrés », concluent-ils, en appelant à un débat public fondé sur des documents et des décisions vérifiables.

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