À Libreville, la connexion internet n’est plus seulement un outil : c’est devenu un symbole. Depuis la restriction des réseaux sociaux, un malaise profond traverse la jeunesse gabonaise. Dans les taxis, dans les campus, dans les petits commerces, une même question revient : pourquoi nous couper du monde ?
Officiellement, la mesure se veut temporaire et sécuritaire. Officieusement, elle est perçue comme une tentative de contrôle. Et c’est bien là que le fossé se creuse. Car pour une génération qui a grandi avec WhatsApp, Facebook et TikTok, limiter l’accès, c’est limiter l’expression.
Les jeunes ne sont pas restés passifs. VPN, applications alternatives, astuces partagées : une véritable débrouillardise numérique s’organise. Mais derrière cette résistance, une frustration demeure. Celle d’être écarté d’un espace devenu essentiel à la vie sociale, économique et même politique.
Ce qui dérange, ce n’est pas seulement la coupure. C’est le manque d’explication claire. Dans un pays en quête de confiance entre gouvernants et gouvernés, chaque décision perçue comme opaque alimente la suspicion.
Au fond, cette situation pose une question simple : peut-on construire une société moderne en limitant ses canaux d’expression ? Pour beaucoup de jeunes Gabonais, la réponse est déjà non.


Laisser une Réponse