Okala Village : le collectif des impactés dénonce une démolition annoncée sans indemnisation

Un collectif d’habitants d’Okala village, à Libreville, a tenu une déclaration publique pour dénoncer l’imminence d’une opération de démolition liée au projet d’élargissement de la voie locale, prévue selon eux dès le lendemain.

S’exprimant au nom du collectif, Édouard Ekomy, accompagné de Mme Goua, a rappelé l’ancienneté du village, présenté comme un site historique et spirituel remontant à la visite du général de Gaulle en août 1958. Il a retracé le processus de concertation engagé avec les autorités : une première rencontre avec la députée Chantal Mimoto, puis une concertation générale avec la gouverneure de l’Estuaire. Le collectif affirme avoir proposé une alternative au tracé initial, consistant à faire passer la voie par l’arrière du village via la mangrove, une option jugée moins coûteuse pour l’État et moins destructrice pour les habitations.

Selon les porte-parole, des dossiers familiaux ont été constitués sur demande de la gouverneure, avec titres fonciers, plans de bornage et expertises à l’appui, mais seraient restés sans réponse de l’administration. Le collectif dénonce également l’absence d’un panneau de chantier réglementaire précisant l’emprise exacte du projet, laissant les riverains dans l’incertitude sur les mètres réellement concernés.

Une doyenne du collectif, veuve d’un ancien chef de regroupement, a rappelé qu’un premier élargissement, à 3,50 mètres, avait déjà été accepté par la population dans le passé. Elle affirme ne pas s’opposer au projet routier en tant que tel, mais réclame une indemnisation préalable et le respect des sépultures familiales situées sur le site.

Le collectif dit avoir interpellé directement le président de la République pour demander la suspension de l’opération, dénonçant une expropriation menée, selon eux, sans cadre légal clair ni compensation.

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