« Mandat de dépôt », « tournant » : La presse s’enflamme pour l’affaire Éric Mauro Nguema au Gabon

L’affaire du monument Georges Damas Aleka secoue la sphère médiatique. De Libreville à l’international, les rédactions convergent vers un même constat : l’incarcération de l’architecte Éric Mauro Nguema marque un électrochoc sans précédent dans la gestion des grands chantiers du pays.

​Le dossier de l’Esplanade et du Monument Georges Damas Aleka a basculé dans une autre dimension, et c’est la presse qui se fait l’écho de cette onde de choc. Entre les colonnes de Ginewsexpress, les analyses du média international Équinoxe TV et les révélations de confrères sur le terrain comme Dépêches 241, les quotidiens et plateformes d’information dressent le portrait d’un chantier enlisé qui s’achève derrière les barreaux. Les différents titres du pays soulignent unanimement l’abîme financier et temporel de ce projet d’envergure, doté de plus de 8,5 milliards de francs CFA.

​Des médias unanimes sur la chute

​Pour Ginewsexpress, le placement sous mandat de dépôt de l’architecte après son passage devant la justice le 14 août 2026 sonne comme la fin d’une récréation. Le média insiste sur l’écart abyssal entre les fonds décaissés et l’état réel d’un ouvrage enlisé depuis plus de deux ans.

​De son côté, Équinoxe TV met en lumière la dimension de compte à rebours dramatique de l’affaire, rappelant l’ultimatum présidentiel fixé au 17 août 2026. Une pression constante du sommet de l’État qui a fini par sceller le sort du maître d’œuvre.

​Dans le même sens, des sources locales comme Dépêches 241 rapportent les coulisses de cette interpellation menée après de longues auditions, confirmant que l’ingénieur a dû passer par la case prison centrale, refermant brutalement ce feuilleton architectural.

Dans un registre critique, Magazine Superstar jette un pavé dans la mare en s’interrogeant sur les zones d’ombre de cette procédure. Le média pointe du doigt une justice qui « frappe certains et semble en épargner d’autres », estimant que l’affaire de l’architecte ne doit pas masquer les responsabilités partagées d’autres acteurs institutionnels ou techniques impliqués dans la chaîne de validation et de décaissement des fonds publics.

​L’ombre de la présidence

​Partout, la presse rappelle la séquence mémorable où le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’était rendu sur le site pour recadrer fermement le maître d’ouvrage. Un franc-parler présidentiel – immortalisé par les caméras – qui illustre, selon les éditorialistes, la fin de l’impunité pour les retards sur les monuments nationaux.

​Alors que les hommages à l’auteur de l’hymne national La Concorde devaient s’écrire dans la marbre et la sérénité, c’est finalement la chronique judiciaire qui s’impose à la une des journaux.

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