Le défilé du 17 août 2026, organisé à l’occasion de la fête de l’Indépendance, a notamment attiré l’attention sur un véhicule présidentiel d’un autre temps : la Stutz Royale. Sur les réseaux sociaux, certains observateurs, notamment parmi les plus jeunes, ont pu croire à une nouvelle acquisition de la Présidence de la République, voire à une dépense récente.
Il n’en est pourtant rien.
La Stutz Royale présentée lors du défilé fait partie du patrimoine automobile présidentiel gabonais. Produite à seulement trois exemplaires dans les années 1970, cette voiture d’exception avait été commandée à deux exemplaires par la famille royale saoudienne. Le troisième exemplaire a été livré au Gabon en 1980 pour servir de véhicule présidentiel à Omar Bongo.
À l’époque, avant la dévaluation du franc CFA, sa valeur était estimée à près de 200 millions de FCFA. Une somme considérable pour cette période.
Près de 50 ans plus tard, la voiture continue pourtant d’afficher un état remarquable. Elle aurait notamment servi à accueillir plusieurs personnalités de premier plan, parmi lesquelles le pape Jean-Paul II et Michael Jackson.
Cette longévité pose une question qui dépasse largement le cas de cette automobile : celle de la maintenance des investissements publics.
Car si cette Stutz Royale est encore fonctionnelle après plus de quatre décennies, ce n’est pas le fruit d’une quelconque magie. C’est avant tout le résultat de l’entretien et de la conservation d’un bien exceptionnel.
Le contraste mérite d’être souligné. Au Gabon, les débats publics portent souvent sur le coût de construction des infrastructures et l’acquisition de nouveaux équipements. La question de leur maintenance apparaît, elle, beaucoup moins visible.
La Stutz Royale rappelle ainsi une évidence : investir ne suffit pas. Encore faut-il entretenir ce qui a été construit ou acheté.
Sans maintenance, même les investissements les plus coûteux finissent par se dégrader et doivent être remplacés. Avec un entretien régulier, certains biens peuvent traverser plusieurs générations.
La vieille Stutz Royale du 17 août n’est donc pas seulement une voiture de luxe. Elle constitue aussi, à sa manière, une leçon sur la valeur de la maintenance des biens publics.


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