« Bousille-nous les 34 % ! » : Edgard Moukoumbi, le nouveau ministre de l’Intérieur déjà sous pression

À peine nommé ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Edgard Moukoumbi voit déjà sa réputation de ministre de terrain ravivée sur les réseaux sociaux. Sa formule devenue virale, « je bousille », est désormais reprise par des internautes qui l’interpellent sur la question migratoire.

Il y a quelques mois encore, Edgard Moukoumbi s’illustrait sur les chantiers routiers, notamment lors des opérations de libération des emprises publiques. Le 29 décembre 2025, au PK12, le ministre des Travaux publics avait affiché sa fermeté face au retour des commerçants et autres occupants sur les espaces dégagés pour la construction du futur flyover. « Il n’y aura pas de répit avec moi », avait-il notamment prévenu, avant de lancer cette phrase qui allait marquer les esprits : « Tous ceux que je vais trouver, je les bousille. »

Depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur, le 11 octobre 2026, cette réputation de responsable déterminé semble lui coller à la peau. Mais le terrain sur lequel les internautes l’attendent a changé.

Les 34 % au cœur des interpellations

La publication des résultats du Recensement général de la population et des logements (RGPL) 2026 a suscité de nombreuses réactions. Sur une population totale de 3 518 621 habitants, le Gabon compte 1 200 256 ressortissants étrangers, soit environ 34,1 % des résidents recensés, selon les chiffres présentés par les autorités.

Sur Facebook, plusieurs internautes interpellent le nouveau ministre. « Papa, on a confiance en toi ooooooh. Ne nous déçois pas stp. Bousille-nous les gens là. Nous sommes fatigués d’eux », écrit William Charles Mve.

Dani Dane se montre plus direct : « Bousille-nous les 34 % là d’abord, le reste on verra. » De son côté, Pasteur Lionel affirme : « Même les yeux fermés, j’ai confiance », avant de faire lui aussi référence aux 34 %. Tello, enfin, évoque la sécurisation des frontières terrestres et maritimes.

Ces commentaires illustrent les attentes d’une partie des internautes, mais ne sauraient être considérés comme représentatifs de l’ensemble de la population gabonaise.

De la fermeté, mais aussi des garanties

Désormais chargé de l’Intérieur, Edgard Moukoumbi devra aborder ces préoccupations dans un cadre différent de celui des chantiers publics. Le contrôle des frontières, la régularité du séjour des étrangers et l’application des lois relèvent de l’action des pouvoirs publics, dans le respect des droits fondamentaux.

Le chiffre de 34,1 % constitue une donnée démographique importante, mais il ne démontre pas, à lui seul, une situation d’irrégularité généralisée. La réponse institutionnelle devra donc distinguer les étrangers en situation régulière de ceux qui ne respectent pas les règles applicables.

Reste une question : le ministre saura-t-il transformer l’image de fermeté acquise aux Travaux publics en une politique d’administration du territoire efficace, rigoureuse et respectueuse du droit ?

Pour Edgard Moukoumbi, le défi ne sera plus seulement de libérer des emprises routières. Il sera de répondre aux attentes exprimées par les citoyens sans confondre maîtrise des flux migratoires, application de la loi et rejet des étrangers.

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