Finie l’époque de la chasse gardée coloniale ou de l’alignement exclusif sur un seul bloc. Pour faire sortir de terre le projet titanesque de Bélinga et ses 7 milliards de tonnes de fer, Libreville déploie un coup de maître géopolitique. Le gouvernement gabonais, a choisi le pragmatisme absolu : diviser pour régner, en confiant chaque maillon de la chaîne de valeur au meilleur expert mondial. Un puzzle industriel inédit basé sur le précepte du « gagnant-gagnant ».
Sur le terrain, la complémentarité des huit géants prend des airs de compétition internationale. Au cœur du dispositif, l’alliance anglo-saxonne unissant l’Angleterre et l’Australie apporte la force de frappe financière et technique nécessaire à l’extraction brute de la roche.
Pour transporter cette richesse, la Chine déploie sa vitesse d’exécution légendaire pour poser un réseau de voies ferrées entièrement électriques. Sur ces rails, circuleront des trains surpuissants fabriqués par les États-Unis. Mais pour alimenter ce monstre logistique, l’Italie entre en scène en s’engageant à injecter 4 500 mégawatts d’électricité dans le réseau.
Le reste de la chaîne est tout aussi stratégique. La France sécurise l’exportation via la construction du port en eau profonde de Mayumba par AGL et le renforcement hydroélectrique d’EDF. L’Inde, championne de la sidérurgie, gère la transformation locale du fer à haute valeur ajoutée. Enfin, en bout de chaîne, le Japon s’impose comme le client idéal, prêt à acheter la production au « prix du vendeur », sans décote.
« C’est une stratégie brillante, commente un analyste en relations internationales. En rendant la Chine dépendante de l’énergie italienne, des trains américains et du port français, le gouvernement gabonais s’assure qu’aucune puissance ne pourra lui dicter sa loi politique. »
En orchestrant cette interdépendance forcée, le Gabon ne subit plus la mondialisation : il la dirige, protégeant sa souveraineté nationale au profit exclusif de son économie.
Auteur/ Cédric MVOULOU


Laisser une Réponse